(La ‘’Coupe de l’ambassadeur du Japon’’ en ligne de mire)

Rock Quenum, président de la fédération béninoise de Karaté dans cet entretien accordé à votre site fait part de son inquiétude pour se mettre dans les conditions une fois la suspension qui pèse sur le sport béninois sera levée. Il a également demandé aux pratiquants de se préparer activement et a affirmé qu’au niveau de sa Fédération, toutes les mesures sont prises pour la reprise sans risques.

 

Eyiyiadeinfos : La dernière actualité au Bénin en matière de sport est relative à la création des sociétés sportives, une réforme dont le ministère des Sports a fait cas il y a quelques semaines. Quelle lecture faites- vous de cela ?

 

Rock Quenum : Toute réforme bien menée ne peut que donner des résultats positifs. Aller au professionnalisme, mais ce serait du pain béni pour nos enfants parce qu’ils ont désormais moins de soucis de même que les parents. Ils rendront certainement beaucoup plus par rapport à leurs capacités. Après, on verra comment cela se passe parce que nous avons les informations et nous attendons la suite. A priori, ce n’est que du pain béni surtout quand c’est le gouvernement qui parle de professionnalisme aux fédérations, Et pour mieux maitriser le sujet, nous sommes déjà en contact avec notre homologue de France,  le président de la Fédération française de karaté pour savoir comment cela se passe chez eux. Il m’a dit que c’est maintenant qu’ils sont en train de réfléchir à cela. Cela veut dire que si cette réforme est bien menée ici, on sera en avance sur la France donc.

Six mois déjà donc que vous êtes à la maison à cause de la crise pandémique.  Quel est aujourd’hui, l’état de santé de votre discipline ?

Prenons 2020 globalement, déjà en janvier, on était au Mali pour la compétition ‘’Région-Ouest’’ qui était appelé ‘’Tournoi de la zone 3’’ Après, on était tour à tour à Paris, Dubaï et Maroc.  C’est de notre retour du royaume chérifien que ‘’Madame Covid’’ a fait son apparition puis a imposé son diktat. Forcément, cette crise pandémique a laissé un goût amer parce que 2020 devait être une année spéciale. En effet, après une longue bataille faite de lobbying et de plaidoyers,   c’est la première fois que le karaté allait connaître sa présence aux Jeux Olympiques Japon 2020. Malheureusement, une édition qui est finalement  reportée à 2021.

Mieux, compte tenu de cette crise sanitaire,  toutes les activités sont à l’arrêt, car les autorités avaient pris la décision de suspendre  toutes les activités sportives. Aujourd’hui, nous attendons fermement qu’elles puissent lever l’interdiction pour que les activités puissent reprendre.

On espère une décision favorable, car déjà en novembre prochain, notre calendrier international démarre avec toutes les restrictions. Et je sais que dans les autres pays, les gens se préparent activement en tenant contre les gestes barrières. Voilà que nous on ne nous a pas encore donnés l’ordre de commencer. Et comme nous sommes des citoyens respectueux de la décision de l’autorité gouvernementale, on attend.

Si l’interdiction de la pratique du sport n’est pas levée dans les tout prochains jours, nous risquons d’être en déphasage par rapport à notre programme international. Or il faut sortir pour aller chercher les points. Mais pendant ce temps, on a confié aux enfants des charges. Mais vous savez bien que c’est seul l’œil du maître que le suivi est meilleur. Il faudrait qu’on puisse reprendre les activités en respectant les mesures barrières histoire de préparer les enfants. Parce que tout ce qui a était prévu pour 2020 a été reporté en 2021. Donc, cela va être vraiment très dur pour nous, car il y aura beaucoup d’activités et plus vous en faites, plus vous pouvez grappiller des points en participant maintenant aux titres internationaux. Voilà, où on en est.

Pour la forme physique, on leur à donner un emploi du temps. En ce qui concerne la capacité tactico-technique, on a donné des bribes, ‘’garbe’’ dans notre rubrique. Mais, s’il n’y a personne, les enfants feront que ce qu’ils pourront. Il y en a qui sont très conscients.

Cependant, nous avons des formations en ligne aussi bien des réunions au niveau mondial, continental, régional et national. Nous participons à toutes ces réunions, à tous ces stages. Actuellement, il y a un examen pour les coaches pour avoir le niveau continental. Puisque désormais si vous n’avez pas le diplôme vous ne pouvez plus vous asseoir sur la chaise pour suivre votre propre athlète. C’était valable au niveau mondial maintenant cette pratique est devenue un impératif même au niveau région ainsi de suite. Et donc nous devons nécessairement y participer. On doit payer pour cela et c’est 200 € par coach. Les arbitres avaient fait les leurs ainsi de suite. Au regard de tout cela, nous reconnaissons que la Covid-19 est là, mais les gens travaillent d’une manière ou d’une autre.

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 Sur le plan continental, mondial ou au niveau de la fédération existe-t-il un protocole particulier en dehors des mesures de protection sanitaire ?

Rien du tout.  On sait que l’athlète qui vient avant de rentrer dans le dojo, on doit lui prendre sa température ensuite appliquer les gestes barrières qui consiste à se laver les mains porter des gants. Aujourd’hui on est passé à la phase de contact, là je ne parle pas du Bénin mais de la France, c’est notre repère que nous connaissons le mieux et maintenant ils font déjà les contacts et jusqu’à actuellement il n’y a pas encore eu de cas. Même s’il y a recrudescence ce n’est pas dans les arts martiaux. Par contre dans l’arbitrage oui ils sont revenus à des anciennes pratiques. Je sais de quoi je parle pour avoir été j’étais arbitre international.

Dès que l’interdiction sera levée, on l’espère vivement surtout que normalement en décembre prochain,  il y a la ‘’Coupe de l’ambassadeur du Japon’’. On l’a initié l’année dernière on ne peut pas laisser tomber. On a prévu, dès qu’ils vont nous dire de reprendre, nous allons démarrer avec les stages, les compétitions pour remettre les enfants en jambes.

 

Dans ce sens qu’est-ce que la fédération projette pour les clubs pour les soutenir compte tenu  de la situation ?

Nous sommes dans la même piscine, nous nageons ensemble. Quand il y en a pour un, il y en a pour les autres. Nous à la fédération, ce que les clubs font nous les reprenons au nouveau national. Après, on travaille maintenant à ce niveau pour faire les détections. Donc, si un jour la cagnotte ou la subvention venait, on pourra penser aux ligues. On va pas parler de clubs mais des ligues. Toutes les ligues sont installées, donc on passera pas ce canal pour les atteindre.

Je parlais tantôt de stages. Depuis, on  participe aux visioconférences, aux stages et examens. Tous nos départements participent à ces activités (arbitrage coaching…). C’est la manière selon nous la plus directe d’aider les clubs. Il n’est pas question de leur envoyer de l’argent. C’est mieux de leurs envoyer des gants par exemple des kimonos ou autre chose. Mais le plus important, c’est la connaissance, la formation des formateurs parce que c’est de là que sortent les vraies valeurs pour mieux représenter le pays.

 

Quelles sont les nouvelles de Océane Ganéiro ? Elle constitue un espoir de médaille pour le Bénin.

une vue des pratiquants

Je vais vous surprendre, nous avons mis tout le temps les projecteurs sur Océane. Mais au moment où elle gagne une médaille il y a d’autres filles qui gagnent aussi nous avons pris l’habitude d’ignorer les autres en quelque sorte. C’est dommage parce que des Océane on en a ici. C’est par défaut des moyens que nous ne pouvons pas les mettre toutes dans les compétitions. Nous avons des possibilités de gagner des médailles si cela devrait se faire.

Océane, ils ont repris les activités, à distance nous suivons tout ce qui se fait. Nous avons notre coach mondial qui est là-bas tout comme notre arbitre international qui est ici. Tout ce beau monde suit ce qui se fait. Si on revient à Océane, elle est dans un club au Mans, c’est Didier Moreau qui les entraînent.  Ils ont repris les activités en suivant le cours des choses.  Elle n’est pas laissée pour compte. Elle est dans un environnement bien quadrillé. Avec la brousse olympique nationale que nous avons, nous avons pris la responsabilité de la transformer en internationale c’est-à-dire en mettant les moyens financiers pour lui permettre de rester là-bas. Mais les enfants qui sont ici aussi ne sont pas en reste, car il faut pas parler de Océane parce qu’il y a d’autres qui font aussi autant.

 

Oui, il y a des Océane au Bénin, mais quelle est la politique qui sera mise en place après la Covid-19 pour leurs permettre de véritablement de se révéler ?

Tout dépendra des moyens. Je ne passe pas par mille chemins. Il n’y a rien d’autre. Il nous faut des moyens. Pourquoi on a décidé d’envoyer Océane en Europe, parce qu’on se disait pour les compétitions européennes ce serait plus facile de quitter Paris en France pour aller en Allemagne en Autriche ainsi de suite. Mais pour quitter le Bénin, les couts sont multipliés par six, et nous ne sommes pas certain de pouvoir le faire. Si nous disposons de suffisamment de moyens nous pouvons en tout cas révéler le Bénin au karaté.

Pour la reprise comme je vous l’ai dit, on a tout préparé maintenant on attend les compétitions. On attend les championnats des régions qui devaient se faire ce mois d’octobre au Nigeria. Ce ne sera plus possible. Cependant, au niveau national, nous allons faire suffisamment d’activités pour permettre aux enfants d’être en jambe en attendant les regroupements officiels.

 

Quel serait le message de la fédération à l’endroit des athlètes des coaches et des formateurs ?

J’ai une chance énorme j’ai des enfants très responsables pas tous mais j’espère qu’il y a eu une élite qui sait ce qu’elle veut. D’ailleurs, quand vous les écouter parler vous comprenez de toute façon aujourd’hui on ne peut plus tromper quelqu’un. Quand vous avez des gens qui peuvent faire les choses vous sentez en même temps. On peut être numéro 1 et se faire battre au 1er tour comme on a vu à la dernière édition du tournoi de tennis ‘’Roland-Garros’’ ce sont des jeunes qui ont percé et qui ont émerveillé à cause de leur travail. Donc à l’endroit de mes enfants je dis à ceux qui ont envie d’avancer que nous allons les aider à avancer tandis que ceux qui ont envie de se reposer nous allons les aider davantage à s’asseoir. Je vous remercie.

Propos recueillis par Messan DOHOU

 

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